C'est dingue l'impression qu'on peut avoir parfois que tout va de travers. Qu'on recule autant qu'on avance. Que rien ne tourne vraiment dans le bon sens. Que l'absurdité dirige chacune de nos pensées. Que notre tête est comme emplie d'un brouillard confortable, et qu'on patauge dedans, comme embourbé dans une fange profonde, sans trop savoir ce qu'on cherche et si on veut vraiment en sortir, de cette situation douillette. On se débat sans trop vraiment y croire, comme convaincu de l'illogisme de cette conjoncture. C'est comme si on brassait l'air mentalement, en ne sachant pas trop ce que l'on cherche à chasser. Désirer une chose sans arrêt. Alors on s'évade, on rêve, on se projette ailleurs, dans d'autres lieux, en compagnie d'autres personnes. On attend on ne sait trop quoi, on ne sait trop qui, on ne sait quand. Mais on l'attend fermement , comme une ultime sortie de secours.
Tenir, tenir, tenir debout et demain.